Yeiwéné Yeiwéné

Yéyé

Les grandes figures de l'UC

Yeiwéné Yeiwéné est le fils de Samuel Yeiwéné, maire de Maré de 1971 à 1977.

Yeiwéné Yeiwéné fait son entrée sur le devant de la scène politique lors du congrès de Bourail de l'UC en mai 1977, faisant alors partie d'une nouvelle génération indépendantiste menée par Jean-Marie Tjibaou qui investit le bureau politique et qui obtient des anciens dirigeants que le parti prenne officiellement position pour la création d'un État souverain. Parmi les autres personnalités entrées au bureau politique de 1977 figurent également Pierre Declercq, Éloi Machoro ainsi que François Burck.

Lors des élections territoriales du 11 septembre 1977, Yeiwéné Yeiwéné est élu à l'Assemblée territoriale, en deuxième position de la liste UC dans la circonscription des îles Loyauté qui a obtenu deux sièges sur les cinq à pourvoir.

Lors du scrutin suivant, organisé le 1er juillet 1979, Yeiwéné Yeiwéné est élu en deuxième position de la liste du Front indépendantiste. Avec 14 conseillers sur 36, le FI est dans l'opposition Yeiwéné Yeiwéné et devient alors le porte-parole du groupe indépendantiste à l'Assemblée territoriale.

Mais, devant la montée des crispations de plus en plus vives au sein des deux camps et face à un nouveau statut préparé par le gouvernement français et désapprouvé par les indépendantistes, ceux-ci décident d'adopter une stratégie de boycott actif des institutions et d'obtenir la souveraineté par la lutte. Le FI se dissout ainsi en septembre 1984 et est remplacé par un Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) présidé par Jean-Marie Tjibaou. Celui-ci prend également la tête du « gouvernement provisoire de Kanaky » créé le 1er décembre 1984, et dans lequel Yeiwéné Yeiwéné devient porte-parole, ministre des Finances et de la Solidarité nationale. Il est ainsi chargé de la trésorerie du mouvement indépendantiste et des questions identitaires, culturelles ou éducatives (avec les Écoles populaires kanak), ainsi que de la coordination de la propagande via notamment les « Éditions populaires » (Edipop), Radio Djiido, l'Agence kanak de presse (AKP) créée en 1988 et le journal La Dépêche kanak.

La mort d'Éloi Machoro fait de Yeiwéné Yeiwéné le dernier survivant parmi les lieutenants de Jean-Marie Tjibaou de la première heure. Il apparaît désormais comme le numéro deux du FLNKS et le bras droit de Jean-Marie Tjibaou, A partir de 1985, il incarne avec celui-ci une ligne plus modérée voulant retourner sous conditions dans les institutions et limiter les affrontements, ce qui les oppose aux plus radicaux du Palika et du FULK, partisans de la lutte armée.

Finalement, après l'adoption d'un nouveau statut dit de « Fabius-Pisani » qui divise la Nouvelle-Calédonie en quatre régions et qui prévoit l'organisation d'un référendum d'autodétermination, le FLNKS participe aux élections régionales du 29 septembre 1985. Yeiwéné Yeiwéné mène la liste dans la Région des îles Loyauté et, gagnant 4 sièges sur 7, il est élu le 4 octobre 1985 président du conseil régional. Il fait ainsi partie du Conseil exécutif créé par le nouveau statut, comme les autres présidents de région (soit Jean-Marie Tjibaou pour la Région Nord, Léopold Jorédié dans la Région Centre, et Jean Lèques du RPCR, dans la Région Sud), et qui est dirigé par le président du Congrès du Territoire qui se substitue à l'Assemblée territoriale.

C'est à cette époque que le vieux député Rock Pidjot décide de se retirer de la vie politique et abandonne ainsi la présidence de l'UC en 1986 à Jean-Marie Tjibaou. Yeiwéné Yeiwéné devient son vice-président.

Après la prise d'otages d'Ouvéa et son issue sanglante en avril-mai 1988, Yeiwéné Yeiwéné est l'un des signataires de l'accord de Matignon du 26 juin 1988.

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